Traduction : le dussack de Paulus Hector Mair

Mis en avant

Paulus Hector Mair (1517 – 1579) est un fonctionnaire de la ville d’Ausbourg passionné par les arts martiaux. Il a passé une partie de sa vie à collectionner les livres d’armes et il a fait réaliser le plus imposant traité qui nous soit parvenu, l’Opus Amplissimum de Arte Athletica qui est une gigantesque compilation du savoir martial de l’époque.

Cet ouvrage qui comporte deux volumes a été réalisé en trois exemplaires, un en allemand, un autre en latin et enfin un dernier qui est écrit dans les deux langues. Cette passion, très coûteuse, ainsi que son train de vie luxueux lui firent détourner une partie de l’argent de la ville pour ses réalisations. Paulus Hector Mair fut arrêté, condamné puis pendu comme un voleur à l’âge de soixante-deux ans.

Thomas Rivière nous propose une transcription et une traduction de la partie de son oeuvre consacrée au dussack.

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L’épée-bocle I.33

La (ou le) bocle est un petit bouclier circulaire d’une trentaine de centimètres de diamètre. Très populaire durant le moyen-âge et la Renaissance, celui-ci était utilisé en combinaison avec une épée ou un gourdin et porté par des militaires mais aussi et surtout par des civils. Dans ce cadre, il sert notamment à protéger les mains du combattant, qui sont très vulnérables lors d’un assaut à l’épée, tout en étant bien moins encombrant qu’un grand bouclier.

Sources étudiées

L’objectif du pôle d’étude épée-bocle est d’étudier les techniques historiques relatives à cette combinaison d’armes dans le cadre d’une escrime civile, en se concentrant sur les manuscrits d’escrime médiévaux. Trois sources majeures seront utilisées pour cela.

  • Le manuscrit MS I.33, également appelé Walpurgis Fechtbuch, est le plus vieux manuscrit d’escrime retrouvé à ce jour et est daté de 1300 environ. Il y décrit en latin un vaste panel technique soutenu par un contenu théorique important bien qu’implicite. 
  • Andres Liegnitzer est un clerc allemand de la fin du XVe siècle et livre dans le MS Dresden 6 enchaînements de techniques qui sont également très riches en termes techniques et se marient très bien avec les bases décrites dans le I.33.
  • Finalement, Hans Talhoffer, un autre maître allemand du XVe siècle qui a laissé plusieurs traités d’armes bien illustrés, a abordé dans trois d’entre eux des techniques d’épée bocle à l’interprétation compliquée mais qui complètent et enrichissent le jeu proposé par le I.33.

Le pôle est ouvert à toutes (anecdote rarissime, une femme est représentée les armes à la main, défaisant le maître) et à tous, sans distinction de niveau. Les séances seront partagées entre l’étude technique des manuscrits et le combat en opposition afin de mettre en pratique ce qui a été étudié.

Responsables : Arthur Boutillon & Esther Lourdelet.

Le dussack

Le Dussack (ou Dusack, Düssage, Tesàk) est une forme de proto-sabre particulièrement populaire dans le Saint Empire du XVIème au XVIIème siècle. Il s’agit souvent d’une arme d’entraînement, en bois ou en cuir, très présente dans les sources historiques dédiées à l’escrime. Depuis Paurñfeyndt à l’anonyme Newen Kunstreichen Fechtbuches, ce proche cousin du langes messer médiéval dispose d’un corpus riche et varié qui n’a que peu à envier au reste de la panoplie martiale du bourgeois combattant. Ce n’est pas une surprise, donné la fréquence de ses apparitions au cours des nombreuses Fechtschule qui ont égayé le monde germanique pendant toute la Renaissance.

Sources étudiées

Dans ce pôle d’étude nous nous attarderons sur l’escrime de Joachim Meyer, coutelier strasbourgeois du XVIe siècle et auteur du très complet « Discours détaillé sur l’art de l’escrime », ainsi que sur celui de l’augsbourgeois Paulus Hector Mair, dont l’immense compilation « Opus Amplissimum de Arte Athletica » comprends également une partie sur le Dussack.

Pour citer Joachim Meyer : « Le dusack n’est pas seulement l’arme la plus utilisée par les Allemands, c’est aussi l’origine et une base de pratique pour toutes les armes utilisées à une main. ». Il n’y a donc pas de pré-requis nécessaires pour rentrer dans ce pôle d’étude. Il convient tant aux novices qu’aux pratiquants plus expérimentés.

Matériel

Pour la pratique du Dussack, une paire de gants épais est le seul équipement obligatoire, ainsi qu’un masque d’escrime pour les assauts. Je recommande tout de même des protections d’avant-bras légères (des gants montants étant ce qu’il y a de plus pratique). Pour les armes le club fournit des Dussack en bois en début d’année.

Responsable : Thomas Rivière.

Sources primaires

  • transcription et traduction française de la section consacrée au dussack dans l’oeuvre de Joachim Meyer, par l’association La Ghilde.

Saison 2017 – 2018

Le Chapitre des Armes fait sa rentrée!

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La première séance de la saison aura lieu le 15 septembre. Les lieux et horaires restent les mêmes que l’an passé : 19h30-21h30, au CSU Sarrailh (RER B Port Royal), salle 2 (à l’étage).

Pas besoin d’inscription pour les trois premières séances. Passée cette date, il faudra s’inscrire au Chapitre des Armes (formulaire en ligne disponible bientôt) et soit à l’AS-PSL, soit au BDS de l’École Normale Supérieure. Pour toute information complémentaire, consultez la section dédiée.

Plus d’informations seront en ligne bientôt ; vous pouvez nous contact à l’adresse suivante : chapitredesarmes {at} gmail {point} com.

Lutte et corps-à-corps

Notre objectif cette année sera principalement d’étudier les techniques de corps-à-corps de William E. Fairbairn, officier de police anglais du vingtième siècle. Nous tenterons une approche chronologique de son travail et de ses méthodes d’enseignement. Notre travail se veut collectif et égalitaire : dès les premiers cours, tou·te·s les participant·e·s seront invité·e·s à étudier directement depuis les sources (souvent très accessibles, en tout cas si on les compare à celles de nos ami·e·s médiévistes) et à partager leurs interprétations.

Le pôle d’étude est ouvert à tou·te·s sans prérequis technique.

Sources étudiées

Nous travaillerons sur le manuel de formation de la police de Shanghai, puis sur le close-combat et le couteau enseigné aux commandos alliés pendant la seconde guerre mondiale – avec, éventuellement, en bonus le manuel censé contrer ce style de combat édité à la va-vite par un obscur soldat de la Wehrmacht en Norvège, « Abwehr englischer Gangstermethoden ».

Tous les documents sont mis à jour sur une dropbox (me contacter).

Équipement

Des simulateurs de couteaux seront mises à disposition par le Chapitre mais n’hésitez pas à acheter votre propre matériel chez notre partenaire Black Armoury.

Pour le combat libre, l’équipement requis sera masque, gants, coquille, et éventuellement une veste en plus selon le type de combat. On peut aussi réfléchir à investir dans des protections de type karaté (gants, plastrons…) pour le travail des percussions.

Mailing list

Envoyez-moi un mail sur paul[point]melotti[at]gmail[point]com ou inscrivez-vous directement sur cda-bagarre[at]googlegroups.com

À très bientôt pour la bagarre.

L’épée de côté

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Présentation

L’épée de côté (sidesword en anglais, spada da lato en italien) est une arme transitionnelle, entre l’épée à une main « classique » et la rapière. Elle s’utilise de taille comme d’estoc, seule ou accompagnée d’une dague, d’une bocle, d’une rotella (sorte de grand bouclier rond à énarmes), d’une cape, voire d’un gant renforcé ou d’une autre épée de côté. Cette arme est surtout utilisée au cours du XVIè siècle, même si l’on peut, en poussant un peu, en trouver des traces au début du XVIIè siècle. Elle est très répandue dans les États italiens, notamment autour de Bologne, mais se retrouve aussi en Angleterre, en France et en Allemagne.

Le contexte d’utilisation de cette arme est très vaste. L’utilisation première est une pratique courtoise, en salle, entre amis; cependant, elle peut aussi être employée dans un contexte de self defence ou de duel, avec une intention de tuer assez fréquente (cf. certains conseils de Manciolino, Marozzo ou Saviolo). Un point cependant est assez clair : ces traités sont dédiés à des nobles, ou du moins à des gens de bonne société, et décrivent un combat de cour, très influencé par la définition du courtisan que donne Baldassare Castiglione dans son Libro del Cortigiano. La notion la plus importante dans ce cadre culturel est celle de sprezzatura, qui désigne pour faire simple la capacité à faire quelque chose de très compliqué en le faisant passer pour très simple ; il s’agit notamment d’une qualité essentielle de l’artiste dans la philosophie esthétique italienne de la Renaissance.

Auteurs

Je vous propose d’étudier en premier lieu la tradition bolonaise, via deux traités : l’Opera Nova d’Antonio Manciolino, publié originellement vers 1523, et l’Opera Nova d’Achille Marozzo, publié une première fois en 1536 et une seconde en 1558. Il est aussi envisageable de se pencher sur His Practise, in two books de Vincentio Saviolo, représentant d’une tradition italo-anglaise.

Les deux premiers peuvent être considérés comme les maîtres les plus importants de l’école bolonaise. Leur style se caractérise par une grande élégance, de grands mouvements qui à mon sens servent autant à impressionner un éventuel public qu’à troubler l’adversaire, et une approche complète, qui prend en compte l’épée seule ou avec un autre accessoire, mais aussi la lance, la dague ou l’épée longue. La différence principale entre le traité de Manciolino et celui de Marozzo est la pédagogie : Manciolino est relativement clair, et commence par présenter les différentes attaques et défenses qui se font pour chaque garde, là où Marozzo est souvent obscur, et plonge tout de suite son lecteur dans des jeux assez longs et complexes.

Saviolo est quant à lui une des figures principales de l’escrime élizabéthaine, et son traité, s’il se concentre en premier lieu sur l’épée seule, est explicitement adaptable à toutes sortes de combinaisons (épée + dague, bocle, rotella…) ; probablement ancien soldat, il est aussi plus brutal que Marozzo, et privilégie souvent des frappes mortelles.

Matériel nécessaire

Gants et masque suffisent au début. Pour du sparring à pleine vitesse, une veste avec renforts sur les avant-bras sera la bienvenue.

Il y a, hélas, peu de simulateurs, et ils sont rarement bon marché. La solution la plus simple et économique est de se tourner vers le nylon : chez Black Fencer, qui propose des épées de côté ainsi que des dagues de main gauche, ou chez Rawlings, dont les épées à une main peuvent être utilisées comme des épées de côté. Quant aux fabricants de simulateurs en métal, ils se font rares : certains ne prennent plus de commandes, d’autres ont un délai d’attente de presque un an…

Pour ce qui est des bocles, je conseillerais plutôt le métal (chez The Knight Shop ou Zwaard en Volk), mais le bois est valable aussi. Pour les dagues de main gauche, privilégier Black Fencer (cf. paragraphe précédent).

En début d’année, le matériel sera fourni par le club.

Responsable : Raphaël Rigal

Sources primaires