Étudier la faux de Paulus Hector Mair

Mis en avant

À la suite de la publication de notre traduction de la faux de Paulus Hector Mair, il nous a semblé judicieux de l’accompagner d’un petit article. Celui-ci a pour vocation d’apporter quelques clés de compréhension sur l’arme et la façon de lire l’auteur, mais également sur la façon de créer un jeu avec cette arme unique et exotique qu’est la faux.

L’arme et son simulateur

La faux est d’abord un outil agricole, utilisé pour la récolte des céréales et le débroussaillage. Avec le fléau ou la faucille, elle fait partie de l’équipement de base du paysan. Si les faux sont facilement modifiables en arme de guerre, avec le redressement de la lame dans le prolongement du manche et la suppression des poignées, le maniement de l’outil tel quel en tant qu’arme de duel est peu commun.

De manière générale et pour un droitier, la faux va être tenue avec la main droite sur la poignée centrale et la main gauche sur la poignée inférieure, comme le ferait un faucheur.

Pour le moment nous utilisons des faux intégralement en bois, le manche comme la lame. Le manche est acheté tout fait avec ses poignées et la lame a été découpée dans du contreplaqué. Le tout est assemblé avec trois écrous.

Il y a également un détail sur lequel il faudra faire attention : l’orientation de la poignée centrale. En effet, nous avons remarqué que s’il est différent de celui représenté dans les images du manuscrit, alors certaines pièces peuvent devenir compliquées à réaliser.

Certains forgerons, sur demande, peuvent faire des lames flexibles en acier.

Les pièces et leur réalisation

La vidéo ci-dessus est une interprétation des différentes pièces de la faux, et sont suivies ci-dessous des éventuels commentaires liés à la mise en mouvement du texte. Dans ceux-ci nous appellerons A la personne agissant d’après les passages en lettres droites et B celui qui agit selon les passages en italiques.

Pièces 1 : La parade effectuée par B se fait de la gauche vers la droite, mais initialement la faux de B est sur la droite dans l’entaille haute.

Pièce 2 : Selon le texte, la pièce débute alors que A et B sont positionnés comme sur l’illustration. Celle-ci semble montrer une entaille inférieure parée avec la lame de la faux. Cette représentation peut être due à une question de place, ou bien elle décrit l’action qui s’est déroulée avant le début de la pièce, à savoir une entaille inférieure parée par une autre entaille inférieure, ce qui permet d’expliquer pourquoi le pied droit se trouve devant.

Pièce 3 : La description de la parade que B fait contre l’entaille médiane de A au §2 est très ambiguë et on ne sait pas déterminer si elle est réalisée avec le manche ou avec la lame.

Pièce 4 : La réponse à l’écarté du §2 est comparable à l’ablauffen que l’on retrouve dans les autres armes.

Pièce 6 : Au §3 le changement de main sur la faux profite du mouvement de déséquilibre offert par l’asymétrie de l’arme. Ainsi la poignée inférieure vient se placer toute seule dans la main droite.

Analyse des pièces

L’escrime décrite chez Mair se résume souvent en une succession de pièces numérotées, illustrées par un couple de combattants et accompagnées par un texte. Pour certaines armes, un commentaire supplémentaire peut exister (comme pour l’épée longue ou le dussack) mais sans qu’il n’y ait de passerelles entre les deux.

Les pièces illustrées décrivent les actions successives de deux escrimeurs, mais ce ne sont pas nécessairement des descriptions de combats. Il faudrait plutôt les voir comme des mises en situation face à une problématique donnée. Pour comprendre l’escrime proposée par Mair, il faut extraire les informations pertinentes des différentes pièces pour reconstruire de manière plus intelligible l’escrime qui y est représentée. En effet les actions décrites chez Mair sont souvent complexes dans leur enchaînement et on peut vite se retrouver à réaliser des gestes improbables. C’est ici que postures et actions de bases ont leur importance. Chaque pièce reprend souvent de nombreux éléments des pièces précédentes, notamment des passages par des positions déjà connues comme les gardes. On retrouve cette façon de faire dans beaucoup de textes de tradition allemande.

Considérant que l’escrime à la faux est présentée d’une manière similaire, on peut envisager un découpage du combat à la faux sur trois axes : des postures, des attaques et des défenses.

Les postures

Les postures ou gardes sont des positions dans lesquelles l’arme amorce ou termine son mouvement. On compte trois postures à la faux :

La posture haute

Elle se prend telle que décrite et illustrée dans la pièce 1 : Tiens-toi avec ton pied gauche devant et tiens ta faux avec ta main gauche sur la poignée inférieure et la droite sur la poignée centrale, sur ton côté droit. (P1, §1)

La posture basse

Elle se prend telle que décrite et illustrée dans la pièce 2 : Tiens-toi avec ta jambe droite devant et tiens ta faux avec ta main droite sur la poignée centrale et ta main gauche sur la poignée inférieure, dans une entaille inférieure. (P2, §1)

Note : la posture basse telle qu’illustrée à la pièce 2 semble être la fin d’une entaille inférieure. Une autre proposition pour la posture basse pourrait être une position avec la faux plus basse que sur le dessin.

La posture médiane

Elle se prend telle que décrite et illustrée dans la pièce 3 : Tiens-toi avec ton pied gauche devant et tiens ta faux avec ta main gauche sur la poignée inférieure et ta main droite sur la poignée centrale, sur ton côté droit dans une entaille médiane. (P3, §1)

Les attaques

On distingue trois attaques : les entailles hautes, les entailles basses et les entailles médianes. Le terme « entaille » est directement issu du verbe « schneiden » dans le texte d’origine, qui décrit l’action d’attaquer à la faux.

Les cibles principales semblent être la tête (16), les bras (9) ou le tronc en général (9), puis les jambes (5). Avec la faux il est possible d’attaquer directement la cible visée (ie. : attaquer la gauche depuis un coup venant de la droite) mais aussi d’attaquer le côté opposé en passant derrière le dos de l’adversaire avec sa lame (cf. P1, §1 ou l’on attaque la droite de l’adversaire en attaquant depuis le côté droit). De plus en fonction de l’angle d’attaque de la faux, on qualifiera l’entaille de supérieure, inférieure ou médiane.

Il faut cependant noter qu’en fonction de la hauteur du coup, une entaille médiane peut être appelée entaille inférieure dans le texte.

L’entaille haute

La première attaque à la faux se fait depuis la posture haute. Depuis celle-ci il faut avancer la jambe droite en même temps que l’on abat son arme vers le côté gauche de l’adversaire. Pour le cas d’une attaque sur la gauche il est nécessaire de croiser les bras en passant par-dessus la tête : entaille-le vers son bras droit de derrière ta tête à devant, que tes bras viennent croisés l’un par-dessus l’autre. (P2, §1)

L’entaille basse

De la même manière que pour l’entaille haute, pour effectuer l’entaille basse, il faut partir de la posture basse et monter son arme avec le déplacement approprié suivant que l’attaque est faite depuis la droite ou la gauche.

L’entaille médiane

Depuis la posture médiane, on vient faucher l’adversaire en faisant un arc avec son arme. Il est possible de réaliser les attaques selon plusieurs lignes et ainsi venir entailler au cou, au corps ou bien à la jambe avec une entaille médiane.

Les défenses

Lorsque l’on regarde le texte, attaquer avec la faux semble nettement plus facile que se défendre. Pour expliciter les mécanismes de la parade, nous allons dans un premier temps extraire les passages décrivant une défense et les regrouper par types de coups parés. Ensuite nous essaierons de dégager les éventuels « types » de parades.

Défenses contre une entaille supérieure

Contre un coup venant de la droite :

  • Saute dans le triangle et écarte-lui l’entaille à l’extérieur avec le devant de ta faux sur ton côté droit. (P1, §2)
  • T’entaille-t-il ainsi en haut, alors recule avec ta jambe gauche et pare-lui son entaille à l’extérieur sur le devant de ta faux. (P1, §3)
  • Écarte-lui son entaille supérieure avec ton manche sur ton côté gauche. (P4, §2 + illustration)
  • Désire-t-il ainsi te placer la pointe et t’entailler, alors monte avec ta faux et écarte-lui [son coup] à l’extérieur sur ta faux sur ton côté droit. (P4, §4 – incertain)
  • Écarte-lui [son entaille] avec ta poignée inférieure. (P6, §2)
  • Monte avec ta faux et écarte-lui son entaille sur ton côté droit. (P7, §2)
  • Écarte-lui [son entaille] entre tes deux mains sur ton manche. Dans le même temps laisse [partir] ta main gauche de la poignée inférieure et recule avec ta jambe gauche. Ainsi tu t’échappes de son entaille. (P7, §3 + illustration)
  • Écarte-lui [son entaille] avec le manche de ta faux sur ton côté droit. (P9, §2 + illustration)

Contre un coup venant de la gauche :

  • Va vers le haut depuis l’entaille inférieure et écarte-lui son entaille à l’extérieur, sur ta faux, sur ton côté droit. (P2, §2)
  • T’entaille-t-il ainsi en haut, alors marche alentour avec ta jambe gauche sur ton côté droit et écarte-lui son entaille avec ton manche sur ton côté droit. (P5, §3)
  • Va à son encontre et écarte-lui son entaille à l’extérieur sur ta faux. (P9, §3)
  • T’entaille-t-il ainsi en dessous, alors place la poignée inférieure de ta faux devant ta jambe gauche et avec ta jambe droite marche aussi vers ton côté gauche et écarte-lui son entaille inférieure avec cela. (P5, §4 – incertain si droite ou gauche)

Défenses contre une entaille inférieure

Contre un coup venant de la droite :

  • Sur la lame de la faux, depuis une entaille inférieure du côté droit. (P2, illustration)
  • T’entaille-t-il ainsi d’en dessous, alors change ta main gauche de la poignée inférieure à la poignée centrale et échange ta main droite avec ta main gauche, qui se trouve sur la poignée inférieure. (P6, §3 – attention, contexte particulier)
  • Va bien vers le bas avec ta faux et presse sa faux au loin avec ton manche. (P10, §3)

Défense contre une entaille médiane

Contre un coup venant de la droite :

  • Marche dans le triangle sur ton côté droit et pare-lui son entaille médiane à l’extérieur sur ta faux. (P3, §2)
  • Écarte-lui [l’entaille] en bas avec ta poignée sur ton côté gauche. (P5, §2)

Contre un coup venant de la gauche :

  • T’entaille-t-il également ainsi avec une entaille médiane, alors va avec ta faux à l’intérieur sur sa faux. Pousse avec cela fortement [loin] de toi sur ton côté droit. (P3, §3)
  • Écarte-lui son entaille supérieure avec le manche de ta faux sur ton côté droit. (P10, §2 – attaque donnée avec main gauche sur la poignée centrale et défense faite depuis l’entaille inférieure)

Contre un crochetage

À la jambe :

  • Va avec ta faux autour du côté gauche de son cou. Tire-le avec cela à toi, ainsi tu es libéré de son entaille inférieure. (P8, §2)

Au cou :

  • Laisse partir ta main gauche de la poignée inférieure. Place-la avec cela sur son manche et pousse fortement vers le haut. Ainsi tu lui écartes son entaille supérieure. (P8, §3)

Type de défenses

Des extraits récoltés plus haut, on voit qu’il y a deux défenses principales avec la faux : la défense avec le devant et la défense avec la poignée inférieure. Ce sont les deux parades qui reviennent le plus souvent et qui rendent les autres presque anecdotiques.

La parade avec le devant de la faux se fait en venant rabattre la faux de l’adversaire sur un côté avec les manches en opposition, comme illustré sur les planches 4 et 9. Le fait de tourner ainsi la faux avec la pointe vers l’arrière permet d’avoir un meilleur impact avec le manche et une meilleure structure avec les bras.

Cette parade est effectuée contre les entailles supérieures et potentiellement sur les entailles médianes même si le texte (voir pièce 3) est très succinct. De même on fait ici le choix de penser que « le devant de la faux » désigne la partie avant du manche et non la lame, quand bien même le manche n’est mentionné que dans les pièces 4 et 9 pour ce type de parade (cependant le texte latin correspondant semble plus explicite).

Le texte donne également un conseil au sujet de cette défense. Il vaut mieux privilégier les parades vers la droite plutôt que les parades vers la gauche. Comme l’indique la pièce 4, parer vers la gauche permet à l’adversaire de facilement désengager sa faux pour armer un nouveau coup, comme pour un ablauffen à l’épée. Cela n’est pas possible avec la faux bloquée en bas sur le côté gauche.

Le second moyen de se défendre est d’utiliser la partie inférieure du manche de faux pour parer les attaques adverses aux quatre ouvertures. Comme le montre notamment la pièce 5, on peut de cette manière protéger toutes les parties du corps des pieds à la tête. Il faut cependant bien aller en opposition avec la main gauche, plutôt que de chercher à parer avec le milieu du manche.

Cette parade fait l’objet de la pièce 7, qui fait apparaitre un contexte assez particulier : B attaque A au bras droit et A est totalement ouvert sur son côté droit et avec sa faux en bas sur le côté gauche, ce qui est la position la plus gênante avec cette arme.

Les crochetages à la faux ont aussi leurs parades. Ceux effectués à la jambe ou au pied sont contrés en venant attaquer la tête ou en crochetant au cou. Les crochetages au cou sont contrés en venant agir sur le manche de la faux adverse, pour la repousser.

Autres techniques

La faux est, dans la majorité des cas, tenue avec la main droite au centre. Cependant il arrive de devoir changer cette disposition de main pour tenir la poignée centrale avec la main gauche. Pour faire ce changement de prise, l’expérience montre que l’on peut procéder ainsi :

  • lâcher la poignée inférieure ;
  • mettre la main libre sur la poignée centrale et la lâcher avec l’autre main ;
  • laisser tourner la faux autour de la poignée centrale ;
  • reprendre la poignée inférieure avec la nouvelle main libre.

Il est ainsi possible de d’enchaîner attaques et changement de mains pour donner des entailles bras ouverts des deux côtés.

De manière plus générale, il est possible de lâcher la poignée inférieure pour dégager le manche de sa faux (pièce 7) ou pour changer de prise (pièce 6).

Proposition d’un jeu à la faux

On prendra comme base la Convention des Joueurs d’Epée car elle s’adapte très bien à l’escrime de Mair avec ses notions de coups armés et de retraites.

Le point le plus problématique lorsque l’on regarde la faux est la caractérisation du « coup valide ». Contrairement à la majorité des autres armes où certaines actions sont systématiquement parées comme les coups (haw) et les estocs (stich) et d’autres non comme les entailles (schnit), la faux n’utilise que ce seul terme d’entaille pour désigner ses attaques.

Or si certains endroits semblent évidents à défendre comme les parties génitales (pièce 10), cela est plus ambigu pour d’autres cibles. La pièce 8 en est le parfait exemple : la première entaille à la jambe n’est pas parée et est contrée en tirant l’adversaire à soi par le cou. Le contact est bien réel car le texte parle de se libérer de l’entaille à la jambe dans un second temps. Idem pour la dernière partie de la pièce avec une entaille au cou qui est repoussée en agissant avec la main sur le manche adverse.

On peut déjà définir de manière arbitraire que les coups portés avec la pointe de la faux sont valides. Pour différencier une entaille d’un placement de lame, on pourrait considérer un mouvement d’entaille avec la lame, de la cible vers soi, après un contact avec une cible valide.

Conclusion

Le jeu à la faux est certainement la partie la plus exotique de l’ouvrage de Paulus Hector Mair. Si sa présence peut sembler fantaisiste, elle trouve cependant une place cohérente au milieu du fléau, de la faucille et du long gourdin, qui font écho au monde paysan qui côtoie celui des bourgeois au début du 16e siècle. Cette excentricité n’est pas non plus là pour masquer un corpus technique pauvre. Malgré son nombre de dix pièces, l’ensemble permet de créer une gestuelle riche et cohérente. La seule question qui se pose encore, et qui restera certainement longtemps sans réponse, est celle du contexte de pratique, qui renforce un peu plus l’aspect unique du duel à la grande faux.

Publicités

L’épée-bocle I.33

La (ou le) bocle est un petit bouclier circulaire d’une trentaine de centimètres de diamètre. Très populaire durant le moyen-âge et la Renaissance, celui-ci était utilisé en combinaison avec une épée ou un gourdin et porté par des militaires mais aussi et surtout par des civils. Dans ce cadre, il sert notamment à protéger les mains du combattant, qui sont très vulnérables lors d’un assaut à l’épée, tout en étant bien moins encombrant qu’un grand bouclier.

Sources étudiées

L’objectif du pôle d’étude épée-bocle est d’étudier les techniques historiques relatives à cette combinaison d’armes dans le cadre d’une escrime civile, en se concentrant sur les manuscrits d’escrime médiévaux. Trois sources majeures seront utilisées pour cela.

  • Le manuscrit MS I.33, également appelé Walpurgis Fechtbuch, est le plus vieux manuscrit d’escrime retrouvé à ce jour et est daté de 1300 environ. Il y décrit en latin un vaste panel technique soutenu par un contenu théorique important bien qu’implicite. 
  • Andres Liegnitzer est un clerc allemand de la fin du XVe siècle et livre dans le MS Dresden 6 enchaînements de techniques qui sont également très riches en termes techniques et se marient très bien avec les bases décrites dans le I.33.
  • Finalement, Hans Talhoffer, un autre maître allemand du XVe siècle qui a laissé plusieurs traités d’armes bien illustrés, a abordé dans trois d’entre eux des techniques d’épée bocle à l’interprétation compliquée mais qui complètent et enrichissent le jeu proposé par le I.33.

Le pôle est ouvert à toutes (anecdote rarissime, une femme est représentée les armes à la main, défaisant le maître) et à tous, sans distinction de niveau. Les séances seront partagées entre l’étude technique des manuscrits et le combat en opposition afin de mettre en pratique ce qui a été étudié.

Responsables : Arthur Boutillon & Esther Lourdelet.

Traduction : le dussack de Paulus Hector Mair

Paulus Hector Mair (1517 – 1579) est un fonctionnaire de la ville d’Ausbourg passionné par les arts martiaux. Il a passé une partie de sa vie à collectionner les livres d’armes et il a fait réaliser le plus imposant traité qui nous soit parvenu, l’Opus Amplissimum de Arte Athletica qui est une gigantesque compilation du savoir martial de l’époque.

Cet ouvrage qui comporte deux volumes a été réalisé en trois exemplaires, un en allemand, un autre en latin et enfin un dernier qui est écrit dans les deux langues. Cette passion, très coûteuse, ainsi que son train de vie luxueux lui firent détourner une partie de l’argent de la ville pour ses réalisations. Paulus Hector Mair fut arrêté, condamné puis pendu comme un voleur à l’âge de soixante-deux ans.

Thomas Rivière nous propose une transcription et une traduction de la partie de son oeuvre consacrée au dussack.

Le dussack

Le Dussack (ou Dusack, Düssage, Tesàk) est une forme de proto-sabre particulièrement populaire dans le Saint Empire du XVIème au XVIIème siècle. Il s’agit souvent d’une arme d’entraînement, en bois ou en cuir, très présente dans les sources historiques dédiées à l’escrime. Depuis Paurñfeyndt à l’anonyme Newen Kunstreichen Fechtbuches, ce proche cousin du langes messer médiéval dispose d’un corpus riche et varié qui n’a que peu à envier au reste de la panoplie martiale du bourgeois combattant. Ce n’est pas une surprise, donné la fréquence de ses apparitions au cours des nombreuses Fechtschule qui ont égayé le monde germanique pendant toute la Renaissance.

Sources étudiées

Dans ce pôle d’étude nous nous attarderons sur l’escrime de Joachim Meyer, coutelier strasbourgeois du XVIe siècle et auteur du très complet « Discours détaillé sur l’art de l’escrime », ainsi que sur celui de l’augsbourgeois Paulus Hector Mair, dont l’immense compilation « Opus Amplissimum de Arte Athletica » comprends également une partie sur le Dussack.

Pour citer Joachim Meyer : « Le dusack n’est pas seulement l’arme la plus utilisée par les Allemands, c’est aussi l’origine et une base de pratique pour toutes les armes utilisées à une main. ». Il n’y a donc pas de pré-requis nécessaires pour rentrer dans ce pôle d’étude. Il convient tant aux novices qu’aux pratiquants plus expérimentés.

Matériel

Pour la pratique du Dussack, une paire de gants épais est le seul équipement obligatoire, ainsi qu’un masque d’escrime pour les assauts. Je recommande tout de même des protections d’avant-bras légères (des gants montants étant ce qu’il y a de plus pratique). Pour les armes le club fournit des Dussack en bois en début d’année.

Responsable : Thomas Rivière.

Sources primaires

  • transcription et traduction française de la section consacrée au dussack dans l’oeuvre de Joachim Meyer, par l’association La Ghilde.

Saison 2017 – 2018

Le Chapitre des Armes fait sa rentrée!

LogoCdA-17-18

La première séance de la saison aura lieu le 15 septembre. Les lieux et horaires restent les mêmes que l’an passé : 19h30-21h30, au CSU Sarrailh (RER B Port Royal), salle 2 (à l’étage).

Pas besoin d’inscription pour les trois premières séances. Passée cette date, il faudra s’inscrire au Chapitre des Armes (formulaire en ligne disponible bientôt) et soit à l’AS-PSL, soit au BDS de l’École Normale Supérieure. Pour toute information complémentaire, consultez la section dédiée.

Plus d’informations seront en ligne bientôt ; vous pouvez nous contact à l’adresse suivante : chapitredesarmes {at} gmail {point} com.

Lutte et corps-à-corps

Notre objectif cette année sera principalement d’étudier les techniques de corps-à-corps de William E. Fairbairn, officier de police anglais du vingtième siècle. Nous tenterons une approche chronologique de son travail et de ses méthodes d’enseignement. Notre travail se veut collectif et égalitaire : dès les premiers cours, tou·te·s les participant·e·s seront invité·e·s à étudier directement depuis les sources (souvent très accessibles, en tout cas si on les compare à celles de nos ami·e·s médiévistes) et à partager leurs interprétations.

Le pôle d’étude est ouvert à tou·te·s sans prérequis technique.

Sources étudiées

Nous travaillerons sur le manuel de formation de la police de Shanghai, puis sur le close-combat et le couteau enseigné aux commandos alliés pendant la seconde guerre mondiale – avec, éventuellement, en bonus le manuel censé contrer ce style de combat édité à la va-vite par un obscur soldat de la Wehrmacht en Norvège, « Abwehr englischer Gangstermethoden ».

Tous les documents sont mis à jour sur une dropbox (me contacter).

Équipement

Des simulateurs de couteaux seront mises à disposition par le Chapitre mais n’hésitez pas à acheter votre propre matériel chez notre partenaire Black Armoury.

Pour le combat libre, l’équipement requis sera masque, gants, coquille, et éventuellement une veste en plus selon le type de combat. On peut aussi réfléchir à investir dans des protections de type karaté (gants, plastrons…) pour le travail des percussions.

Mailing list

Envoyez-moi un mail sur paul[point]melotti[at]gmail[point]com ou inscrivez-vous directement sur cda-bagarre[at]googlegroups.com

À très bientôt pour la bagarre.