Pôle d’études – Dague et corps-à-corps

Après déjà trois séances d’existence, le pôle d’étude « dague et corps-à-corps » vous propose une petite présentation.

L’objectif de ce pôle d’étude est d’étudier les pratiques de combat sans armes ou à armes blanches courtes de différentes époques. Ne disposant pas de tapis, nous ne pourrons pas étudier toutes les pratiques de lutte, nous tenterons donc de nous restreindre aux percussions, clés et éventuelles projections faisables sur sol dur en sécurité – mais nous sommes preneurs de toute idée pour trouver un lieu avec des tapis où travailler.

Le pôle d’étude est ouvert à tou·te·s sans prérequis technique.

Sources étudiées

Dans un premier temps, nous devrions continuer l’étude de la lutte et de la dague de Fiore, dont vous trouverez ici et les sources compilées et traduites par l’association De Taille et d’Estoc. Bien sûr, n’hésitez pas à vous documenter sur le personnage par ici.

Une autre piste d’étude qui pourra nous intéresser est le codex Wallerstein (avec des parties de lutte et de dague bien connues du Chapitre des Armes). Nous avons traduit la section dague. Pour la partie de lutte, voici une traduction d’Alexander Pierre (Paris AMHE). Là encore, plus d’informations complémentaires ici.

Enfin, en passant à une toute autre époque, ceux qui le veulent pourront étudier les travaux de William Ewart Fairbairn. Plus précisément, on pourra travailler sur le manuel de formation de la police de Shanghai, puis sur le close-combat et le couteau enseigné aux commandos alliés pendant la seconde guerre mondiale – avec, éventuellement, en bonus le manuel censé contrer ce style de combat édité à la va-vite par un obscur soldat de la Wehrmacht en Norvège, « Abwehr englischer Gangstermethoden ».

Tous les documents seront mis à disposition sur une dropbox qui sera créée prochainement.

Équipement

Des dagues et des couteaux seront mises à disposition par le Chapitre mais n’hésitez pas à acheter votre propre matériel chez notre partenaire Black Armoury :
http://www.blackarmoury.com/fr/61-dagues-couteaux

Pour le combat libre, l’équipement requis sera masque, gants, coquille, et éventuellement une veste en plus selon le type de combat.

On peut aussi réfléchir à investir dans des protections de type karaté (gants, plastrons…) pour le travail des percussions.

Mailing list

Envoyez-moi un mail sur paul[point]melotti[at]gmail[point]com ou inscrivez-vous directement sur cda-bagarre@googlegroups.com

À très bientôt pour plus de bagarre.

Pôle d’études – L’épée de côté

marozzo_16Responsable du groupe: Raphaël
Inscription: cda-sidesword@googlegroups.com

Présentation:

L’épée de côté (sidesword en anglais, spada da lato en italien) est une épée qui se porte au côté. Plus sérieusement, il s’agit d’une arme transitionnelle entre l’épée à une main « classique » et la rapière, utilisable de taille comme d’estoc, seule ou accompagnée d’une dague, d’une bocle, d’une rotella (sorte de grand bouclier rond à énarmes), d’une cape, voire d’un gant renforcé. Cette arme est surtout utilisée au cours du XVIè siècle, même si l’on peut, en poussant un peu, en trouver des traces au début du XVIIè siècle. Elle est très répandue dans les États italiens, notamment autour de Bologne, mais se retrouve aussi en Angleterre, en France et en Allemagne.

Le contexte d’utilisation de cette arme est plus sujet à débat. Les traités se concentrent sur une utilisation en salle; ils mentionnent cependant une application, potentiellement létale, dans un contexte de self defence ou de duel. Un point cependant est assez clair: ces traités sont dédiés à des nobles, et décrivent un combat de cour, très influencés par la définition du courtisan que donne Baldassare Castiglione dans son Libro del Cortigiano. La notion la plus importante dans ce cadre culturel est celle de sprezzatura, qui désigne pour faire simple la capacité à faire quelque chose de très compliqué en le faisant passer pour très simple; il s’agit notamment d’une qualité essentielle de l’artiste dans l’Italie du XVIè siècle.

Auteurs:

Je vous propose d’étudier soit la tradition bolonaise, et notamment l’Opera Nova d’Achille Marozzo (publié en 1536), soit la tradition « anglaise » telle que présentée par Vincentio Saviolo dans His Practise, in two books (1595).

Le premier est un des maîtres les plus importants de l’école bolonaise; son style se caractérise par une grande élégance, de grands mouvements qui à mon sens servent autant à impressionner un éventuel public qu’à troubler l’adversaire, et une approche complète, qui prend en compte l’épée seule ou avec un autre accessoire, mais aussi la lance, la dague ou l’épée longue. Vous trouverez ici le fac-simile de la version de 1536; ici, une traduction en français par le REGHT.

Le second est une des figures principales de l’escrime élizabéthaine, et son traité, s’il se concentre en premier lieu sur l’épée seule, est explicitement adaptable à toutes sortes de combinaisons (épée + dague, bocle, rotella…); il est aussi plus, disons, brutal que Marozzo, et n’hésite pas à conseiller de tuer l’adversaire deux fois plutôt qu’une, un peu comme le ferait Dancie à la rapière. Le fac-simile est ici, et par contre il n’y a pas de traduction française pour l’instant.

Matériel nécessaire:

Gants et masque suffisent pour l’instant, le temps que notre interprétation soit suffisante pour se permettre de faire de l’assaut. Après cela, une veste avec renforts sur les avant-bras sera la bienvenue.

Il y a, hélas, peu de simulateurs, et ils sont rarement bon marché. Black Fencer propose des épées de côté en nylon, de même pour les dagues de main gauche; chez Regenyei, vous trouverez des épées de côté métal de très bonne qualité.

Pour ce qui est des bocles, je conseillerais plutôt le métal (chez The Knight Shop ou Zwaard en Volk), mais le bois est valable aussi (là par contre, autant le faire vous-même, ce sera plus rentable…). Le club peut en prêter quelques unes toutefois, et si nous commençons par de l’épée seule, il n’est pas nécessaire d’en avoir une tout de suite.

Sources (résumé):

Achille Marozzo, Opera Nova: fac-simile de la version de 1536; traduction française par le REGHT. 

Vincentio Saviolo, His Practise, in two books: fac-simile.

Pôle d’études – L’épée à deux mains italienne

contrataglioPrends l’épée d’une main ferme
Car c’est une croix, et une arme royale.
Filippo Vadi, De Arte Gladiatoria Dimicandi (tr. de Pierre Alexandre Chaize)

La péninsule italienne a vu fleurir de nombreux traités d’armes au cours des XVème et XVIème siècles. Parmi les quelques livres ayant survécu à l’épreuve du temps, La fleur des batailles du maître d’armes Fiore de’i Liberi est le plus ancien, son écriture remontant à l’an 1409. Quatre exemplaires de ce traité ont été découverts à ce jour.

Fiore de’i Liberi y décrit un système cohérent et commun à différentes formes de combat, dont l’escrime à l’épée à deux mains. Son étude et sa pratique sont les objectifs de ce pôle. D’autres sources italiennes du XVème siècle telles que L’art de combattre du spadassin de Filippo Vadi peuvent également être envisagées.

Le groupe est ouvert à tous niveaux. L’utilisation d’un masque d’escrime est obligatoire et celle de gants renforcés (Kevlar au strict minimum) fortement conseillée. À terme, l’achat d’une veste d’AMHE ou d’un gambison est recommandé. Des simulateurs d’armes en nylon seront prêtés par le Chapitre.

L’emploi de ces protections permet une approche plus dynamique de l’entraînement, afin de permettre aux membres du pôle de mettre en oeuvre en combat les techniques historiques étudiées. Des assauts, libres ou à thème, seront organisés à chaque cours.

Pour vous inscrire, rejoignez le groupe : cda-epeeadeuxmains@googlegroups.com

Responsables : Adrien et Léo.

Sources primaires

  • compilation sur les quatre traités de la section consacrée à l’épée à deux mains par l’association De taille et d’estoc ;
  • transcription et traduction française du manuscrit Getty Ms. Ludwig XV-13 par l’association De taille et d’estoc.

Sources secondaires

Un peu d’escrime polonaise!

Les traités d’escrime ne sont apparus en Pologne qu’au début du 19e siècle, et sont pour la plupart des manuels d’instructions militaire. Les premiers (Krasinski et Ivanowski) sont d’ailleurs écrit en langue française, suite à l’incorporation des légions polonaises dans la cavalerie napoléonienne.

Dans ce contexte, le traité de sabre de Starzewski fait figure d’exception à bien des égards : il est le premier écrit en langue polonaise, et n’est pas un manuel militaire s’inscrivant dans le cadre européen commun, mais un traité civil sur la tradition très polonaise du sabre de duel.

Le Chapitre des Armes, en collaboration avec De Taille et d’Estoc, a le plaisir de vous proposer une première version française de ce traité, traduit par Jan Orkisz avec une préface de Julien Garry.

Cycle court : introduction à la lutte

abrazareCommençons à la lutte, laquelle se donne pour deux raisons qui sont la récréation et la colère, c’est-à-dire pour la vie, avec toute l’astuce, le mensonge et la cruauté possible. Et je veux parler et démontrer par la raison celle qui se fait pour la vie et et principalement en obtenant les prises comme c’est l’usage lorsque l’on combat pour la vie.
Fiore de’i Liberi (Getty MS, traduction De Taille & D’estoc)

Seront travaillés lors de ce cycle les différents jeux de lutte décrits dans la Fleur des Batailles, ainsi que divers fondamentaux : chute arrière, chute avant en roulant sur une épaule, depuis une position accroupie puis debout, travail au corps, saisie aux épaules ou aux hanches et manipulation de l’adversaire…

La plupart des jeux de Fiore sont très polyvalents et peuvent s’adapter à la dague, au combat en armure, etc.

Niveau : ouvert à tous
Source : transcription et traduction par l’association De taille et d’estoc

Cycle court : introduction à l’épée à deux mains

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Je suis l’épée, mortelle contre toutes les armes. Ni la hache, ni la lance, ni la dague ne valent rien contre moi. Je peux me faire longue ou courte, je prends le fer et je viens au jeu étroit. aux désarmements et à la lutte. Mon art est de briser et de lier. Je sais bien couvrir et blesser, et veux toujours finir ainsi. Celui qui me fait face, je le fais bien languir. Je suis royale, je maintiens la justice, je fais croître la bonté et détruis la malice. Celui qui observe ma manière de croiser, je le ferai célèbre et acclamé par des faits d’armes.
Fiore de’i Liberi (Getty MS, traduction personnelle)

L’épée à deux mains est une arme empreinte de symbolisme, au point d’en venir parfois à représenter l’époque médiévale et nos préjugés à son sujet : primitive, lourde d’une dizaine de kilos, et tout juste bonne à matraquer l’armure. Cette vision n’a pas grand chose à voir avec la pratique de l’escrime telle qu’elle est décrite  par Fiore de’i Liberi dans la Fleur des Batailles, manuscrit du début du XVème siècle dont nous avons déjà étudié la partie consacrée à la dague.

L’objectif de ce cycle est d’enseigner une série de gestes de base de l’escrime de Fiore dei Liberi dans un cadre tactique pertinent : en déplacement, en opposition contre un adversaire, tout en privilégiant la dynamique et la qualité du geste à la multiplication des techniques. Seront ainsi vus :

  • les déplacements de base, la mesure ;
  • les coups fendants et de dessous, l’estoc ;
  • les parades et les feintes ;
  • les battements ;
  • le rôle des gardes.

L’entraînement laissera en particulier une place importante aux drills et aux assauts à thème.

Niveau : ouvert à tous
Source : transcription et traduction par l’association De taille et d’estoc